Affaire Taïgla au Bénin 1970 : Histoire Complète d’un Crime Conjugal qui a Marqué le Dahomey (Bénin)
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Affaire Taïgla : un fait divers historique au cœur de l’histoire du Bénin
L’affaire Taïgla reste, encore aujourd’hui, l’un des événements criminels les plus marquants du Dahomey, actuel Bénin. Survenue à la fin des années 1960, cette affaire de crime conjugal, mêlant trahison, préméditation et violence extrême, a profondément choqué l’opinion publique et marqué l’histoire judiciaire du pays.
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Un couple de fonctionnaires au centre du drame
André Léon Taïgla, lieutenant des Douanes, vivait avec son épouse Thérèse Hountondji à la cité douanière de Ganhi, à Cotonou. Cette résidence administrative se situe sur l’actuel domaine du Service d’intervention rapide des Douanes du Littoral/Atlantique, non loin de l’hôtel Azalaï.
Derrière une façade respectable, le couple traversait de graves conflits conjugaux, nourris par les infidélités répétées du mari. Selon les conclusions de l’enquête, Thérèse Hountondji se sentait délaissée et redoutait d’être écartée de l’héritage de son époux.
De la tentative mystique au projet criminel
Avant de passer à l’acte, Thérèse aurait tenté de provoquer la mort de son mari par des pratiques mystiques traditionnelles. Ces tentatives restant sans résultat, elle se tourne vers une solution radicale : l’assassinat.
En juin 1969, elle rencontre Christophe Babagbéto, chauffeur sans emploi résidant à Godomey. Une relation intime s’installe. Peu à peu, elle lui confie son projet et le charge de recruter des tueurs à gages.
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Le meurtre d’André Léon Taïgla en janvier 1970
Après une première tentative infructueuse, Thérèse augmente la récompense promise aux exécutants à 8 000 francs CFA et exige que l’opération soit menée à son terme.
Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1970, André Léon Taïgla est attaqué à son domicile. Babagbéto tire sur lui avec un pistolet artisanal, acheté quelques jours plus tôt à Cana. La balle manque sa cible, mais la victime est ensuite violemment frappée à la machette par Nouatin Agbessi, dit Sodabi, avant d’être achevée par les autres complices.
Avant l’attaque, Thérèse avait enfermé leur fille Clarisse, âgée de 13 ans, dans la cuisine et attaché le chien de la maison.
Une fausse version rapidement démantelée
Après les faits, Thérèse Hountondji appelle la police et affirme avoir découvert le corps de son mari à son retour du cinéma Vog. Compte tenu du statut du défunt, le Commissariat central de Cotonou, dirigé par le commissaire Pascal Tchiakpè, se rend immédiatement sur place.
Les enquêteurs constatent rapidement des incohérences dans le récit. Clarisse confirme avoir été enfermée avant la découverte du corps, renforçant les soupçons contre sa mère.
Enquête policière et aveux
Le 24 janvier 1970, une rafle policière est menée à Placodji, quartier voisin. Plusieurs personnes sont interpellées. Le lendemain, une prostituée reconnaît Thérèse Hountondji et évoque des disputes conjugales fréquentes.
Lors d’un interrogatoire décisif, le commissaire Tchiakpè demande à Thérèse le titre du film qu’elle prétend avoir vu le soir du meurtre. Incapable de répondre, elle finit par avouer et révèle l’identité de ses complices.
Tous sont arrêtés en moins d’une semaine, à l’exception de Babagbéto, capturé plus tard dans la zone marécageuse d’Agla.
Une exécution sans procès dans un contexte politique instable
Le procès était prévu pour le 3 février 1970, mais le Dahomey traversait alors une période de forte instabilité politique. Le Directoire militaire, dirigé par le lieutenant-colonel Paul-Émile de Souza, redoutait des troubles populaires.
À l’aube du 3 février 1970, Thérèse Hountondji, Christophe Babagbéto, Pierre Dossou Tokpo, Ahotin Zounlenchou et Nouatin Agbessi dit Sodabi sont exécutés derrière l’aéroport de Cotonou, sur un site correspondant aujourd’hui à la zone d’Erevan et Dream Beach.
Une affaire ancrée dans la mémoire collective béninoise
Cette exécution publique visait à affirmer l’autorité de l’État face à la criminalité. L’affaire Taïgla est depuis devenue une référence majeure de l’histoire criminelle du Bénin.
Le célèbre parolier Yédénou Adjahoui d’Avrankou consacra plus tard une chanson à cette tragédie, contribuant à perpétuer la mémoire de cette affaire dans l’histoire populaire béninoise.
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